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Le cavalier et les émotions




Il y a un truc qui est vraiment vicieux pour les cavaliers en matière d'émotions et j'avais envie de vous le partager ici.


Si vous êtes un cavalier, un cavalier lambda, c'est-à-dire que vous avez appris à monter dans un club, comme la plupart des cavaliers, vous avez probablement souvent entendu votre moniteur vous dire :

"On ne montre pas sa peur à son cheval ! Si tu lui montres que tu as peur il va te dominer. Et ça va être le drame puisque tu n'auras plus ta place de dominant, il va commencer à se foutre de toi et à te désobéir !"

Que celui qui a déjà entendu ce type de discours se manifeste ! 😅



Sauf que, si on est tout à fait logique et qu'on réfléchit un petit peu…

Non je laisse le suspense, mais on va se mettre en situation pour que ça soit plus clair : imaginez que cette semaine, c'est cours d'obstacle. Et Pompon, qui n'aime pas trop sauter, pile devant l'obstacle… Bon ok, vous n'êtes pas plus motivé que ça par le saut d'obstacle, peut-être même déjà un peu tendu et crispé avant de vous mettre à cheval, et Pompon, pas plus motivé que vous s'arrête avant le saut. 🤷‍♀️


Avouez que ça vous est déjà arrivé.

Parce que ça arrive à tout le monde !

Et clairement je pense que ça arrivera encore si vous êtes adepte du saut d'obstacle 😊

Donc Pompon a fait un gros pile devant l'obstacle et vous n'êtes pas tombé. Vous avez réussi à vous accrocher, à tenir bon sur le dos de votre poney ! 💪



Par contre, là, vous sentez qu'il y a un truc qui n'est plus OK.

Quand je dis plus ok, ça peut être la boule au ventre, une espèce de dialogue mental qui se met en route, du style : "Pompon s'est arrêté, et il ne va plus jamais passer cet obstacle, j'ai bien senti qu'il avait pas envie d'y aller… Du coup, peut-être que c'est pas le bon jour et que Pompon ne va plus y aller…"

Bref votre dialogue mental se met en route, le petit vélo dans votre tête n'en fait qu'à sa tête à lui 😅 c'est-à-dire que vous imaginez les pires scénarios et que allez lister toutes les raisons, motifs, excuses qui font que Pompon va s'arrêter, encore, devant ce satané obstacle !



Alors il y a deux choses que j'ai envie de vous partager :


📌 La première, c'est que ce que vous imaginez, vous l'imprimez dans votre corps. C'est-à-dire que, si vous imaginez que Pompon va s'arrêter, votre corps va se mettre en situation de "Pompon s'arrête".



Situation 1 :

Essayez de ressentir dans votre corps et de visualiser dans votre tête l'obstacle qui se rapproche, vous sentez votre cheval galoper, tranquillement.

Vous voyez l'obstacle qui est de plus en plus prêt, vous vous préparez à accompagner votre cheval, souplement, vous êtes en équilibre, vos mouvements sont déliés.

Bref, vous êtes détendu, votre cheval aussi, vous n'avez absolument aucun doute sur le fait que Pompon va passer cet obstacle, vous êtes, tous les deux en confiance. Que se passe t'il dans votre corps ? Vous êtes détendu, et vous suivez le mouvement. 🥳



Deuxième situation :

Si vous êtes dans l'optique que Pompon va s'arrêter, je suppose que vous êtes un petit peu plus crispé (voire beaucoup plus crispé) que vos épaules sont tendues, redressées et que vous n'avez absolument aucune mobilité dans le buste. Je ne parle pas de la souplesse de l'accompagnement de votre cheval. Parce qu'en fait votre cerveau est en train de dire à votre corps "non il va pas n'y va pas, n'y va pas, ça ne va pas passer" 😱. Et que se passe t'il ? Votre corps crispé renvoi un signal de danger potentiel à votre monture, qui va probablement se crisper également, et avoir une grosse envie de piler devant l'obstacle !




📌 Et la deuxième chose c'est que vous ne pouvez alors aucunement être présent pour votre cheval puisque vous êtes dans le dans le mental et pas dans le ressenti, vous êtes déjà en train d'anticiper que vous allez échouer et que Pompon va s'arrêter.


Donc dans ces conditions, comment est-ce que vous voulez que Pompon saute si votre corps est en train de lui dire non n'y va pas, ne saute pas ?

C'est la même chose si jamais Pompon, qui est super gentil, saute quand même. Est-ce que vous pouvez être attentif à ce qu'il se passe pour vous ? Est-ce que vous respirez ?



Et là je vais vous parler d'expérience, parce que quand j'ai eu Nono, mon ibérique, on faisait de l'obstacle. Oui, j'ai acheté un ibérique pour sauter ! 😅 Bon en fait, j'ai surtout acheté Hurano parce que je suis tombée sous son charme, mais moi à l'époque je sautais et je voulais absolument sauter avec lui !

Et Nono, il adorait sauter, il adorait vraiment ça. Il avait un équilibre de fou, et du coup c'est vrai que ça passait plutôt bien sur des hauteurs qui lui plaisaient.

Jusqu'à 80-90 cm, il n'y avait absolument aucun problème. Par contre, dès qu'on arrivait des hauteurs de 1 mètre et au delà, c'était le bordel total et c'était refus sur refus, et les bons jours, on faisait des barres.



Je me rappellerai toujours de ce parcours à 1 m que j'avais engagé et où je n'ai sauté que deux obstacles (avec une barre sur chaque) et fini par me faire éliminer sur un refus.

N'étant pas du tout satisfaite mais n'ayant aucune envie de retenter l'expérience, je l'ai passé à une amie pour qu'elle refasse un tour sur la même épreuve, exactement la même.



Et elle a fait son tour, et tout s'est passé absolument à la perfection, aucun problème, à l'aise et tranquille. La copine a d'ailleurs été classée ce jour là, et moi j'étais bien dégoûtée.


C'est là que j'ai commencé à me poser pas mal de questions et à comprendre qu'en fait, c'est moi qui bloquait la progression. J'avais un gros gros gros blocage et rien qu'en voyant les obstacles arriver, j'étais complètement crispée et mon corps disait non, alors que j'y allais quand même. Parce que j'avais peur. Je m'étais pris tellement de gamelles, que j'étais en stress, et même quand tout se passait bien (donc 95% du temps), je ne profitais pas de "super j'ai réussi", mais j'étais plutôt en mode "ouf, c'est passé cette fois". Et il m'a fallu longtemps pour reprendre plaisir à sauter. Plaisir que j'ai totalement perdu depuis que j'ai Volveria qui n'aime pas du tout sauter et qui pour le coup ne me met pas du tout en confiance ! 😅 Donc j'ai réglé le problème, les séances de saut (une fois tous les 4 ans) c'est avec quelqu'un d'autre sur le dos ! 😜




Tout ça pour en arriver à la conclusion que :

  • Peut-être que si on prêtait un peu plus attention à préparer notre mental, à se dire que : "oui c'est arrivé une fois, j'ai vécu une mauvaise expérience, mais ce n'est pas pour autant que ça va arriver encore, pas à chaque fois tout du moins" on arriverait à prendre plus de plaisir à cheval, peu importe la situation qui est en face de nous. Oui j'ai les ressources, oui j'ai les compétences et oui je vais y arriver. (Et si on y arrive pas, on adapte, de quoi j'ai manqué pour réussir ?)


  • Notre langage corporel surtout quand on est à cheval, est hyper important. Et quand je parle de langage corporel, je veux parler de notre décontraction corporelle pour être présent, et ne pas envoyer des signaux "danger" à notre cheval. (C'est valable également quand on travaille à pied !)



  • Et donc 3ème point qui me permet de revenir au pourquoi de cet article, jusqu'à quel point accepter qu'on puisse ressentir une émotion à cheval (ce qui en plus, de mon point de vue est tout à fait légitime, parce que vous vous mettez quand même en danger à chaque fois que vous posez vos fesses sur le dos d'un cheval), apprendre à vivre avec ses émotions et à en faire quelque chose de concret et de constructif est important pour s'épanouir totalement à cheval, pour nous aider à développer une relation sereine.



Personnellement, je vois pas où est le problème si je ne me sens pas en sécurité, de dire stop, je descends de mon cheval ou aujourd'hui je ne fais rien, elle est trop énervée.

Après il ne faut pas que se soit bloquant dans la progression, on est d'accord.

Mais d'un autre côté je vois pas non plus l'intérêt de se dire "il faut que je le fasse parce que c'est comme ça, parce que il faut que je le fasse", c'est quoi la vraie raison ? Coller à la norme ? Faire comme tout le monde ? Rentrer dans le moule ?



Avancer et sortir de sa zone de confort : oui c'est essentiel ! Mais apprendre à le faire de manière agréable, constructive et qui nous donne de la force et de la motivation, c'est tellement mieux pour notre confiance en nous, notre estime de nous !


Alors on laisse tomber le masque et on s'engage à être authentique et à ressentir auprès de nos chevaux ! 🦄❤


Et vous savez quoi ? C'est ce qu'on fait dans l'accompagnement En confiance avec mon cheval ! 😁 Alors si vous voulez plus d'informations, cliquer : ICI !


Et dites moi ce que vous pensez de tout ça !


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